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Le parcours : nature et histoire

Point de départ : le bâtiment des douanes allemand (Eupener Straße)


Cet édifice fut construit au même moment que le bâtiment belge, en 1953-54. Il devint rapidement le passage douanier le plus important de l'Allemagne de l'Ouest pour le transport de biens vers Anvers. Environ 80 personnes y étaient alors employées. Avec la construction de l'autoroute dans les années 60, et son passage frontalier, le transport de biens se réduisit, ainsi que le nombre d'employés. Dans les années 70, ils n'étaient plus que 25. En 1985, les accords de Schengen furent signés et les contrôles douaniers de moins en moins fréquents, puis inexistants. Le 31.12.92, le bâtiment des douanes fut fermé et, à partir du lendemain, les frontières étaient ouvertes. En 2006, KuKuK rouvrit ce bâtiment historique, clos depuis plus de dix ans, à l'occasion du projet "SeitenWechsel".

Après la traversée de la rue, le parcours commence (Augustinerweg)


Chemins creux, tranchées, route d'Ösling, cloître d'Augustin, sentier, parcours de jogging. De chaque côté du chemin, plusieurs fossés parallèles attirent l'attention. Ils suivent la même ligne que la route Eupener Straße. Il s'agit de chemins creux, vestiges moyenâgeux. La route d'Ösling, qui reliait le nord et le sud dans les Ardennes, passait également par "Köpchen. Ösling a la même signification que le mot Ardennes. En effet, au Moyen Âge encore, Aix-la-Chapelle faisait partie des Ardennes. Le chemin Augustinerweg est, quant à lui, fermé à la circulation automobile depuis de nombreuses années. Il tient son nom du cloître, qui fut construit en 1293 dans la rue Pontstraße et qui exploitait la forêt avoisinante. Au bout de la petite côte, à gauche de la rue, se trouve une tranchée envahie par la végétation. Elle date de la seconde guerre mondiale et s'étend sur environ 200 mètres. Sentier à travers la forêt diversifiée : 30 espèces arboricoles Au croisement suivant, sous un hêtre pourpre impressionnant, se trouve un plan qui porte le titre "Zyklopensteine" (pierres du cyclope). Le chemin Hirschweg part sur la gauche, tandis que le parcours de "Changement de Temps" va à droite dans la forêt, qui change d'aspect de nombreuses fois sur le chemin. On y trouve plusieurs des 30 espèces arboricoles locales. Les feuillus (hêtres pourpres, chênes, érables) alternent avec les conifères (épicéas, pins, mélèzes, sapins).

Le long de la frontière, du fossé de défense : hêtres en forme de harpes, bornes et tracés frontaliers


Après le second croisement avec le chemin d'équitation, le circuit s'approche de la frontière germano-belge. Le fossé de défense est facile à reconnaître, avec ses hêtres caractéristiques, son creux et son remblai. Cette fortification, qui date de 1611, est particulièrement bien conservée à cet endroit. Les bornes frontalières et les restes rouillés des barrières sont plus récents. On reconnaît encore aujourd'hui le système de défense moyenâgeux aux formes étranges de la disposition des hêtres, plantés les uns sur les autres, et que l'on n'a plus taillés depuis la chute de l'empire d'Aix-la Chapelle. Ils ont pu se développer librement et ont souvent pris la forme de harpes. C'est pourquoi on les appelle "Harfenbuchen" (hêtres en forme de harpes). La première borne frontalière sur le parcours porte le numéro 953. En continuant, on trouve les numéros 954, 955, 956, 957 et 958.

Les pierres du cyclope


Le chemin continue du côté belge le long du fossé de défense. A gauche, dans la forêt, apparaissent des pierres mystérieuses, qui se dressent çà et là parmi les feuillus. Il mène alors, vers la gauche, à travers un bosquet de sapins, à l'endroit où se trouvent les véritables pierres du cyclope : une cinquantaine environ, de tailles variables, sous les hêtres et les chênes. S'agit-il d'un endroit magique ? Des rituels et des procès ont-ils eu lieu ici ? Le diable a-t-il perdu les pierres de ses sacs alors qu'il voulait ensevelir de sable la ville d'Aix-la-Chapelle? Des créatures proches des cyclopes les ont-elles amenées là ? S'agit-il d'un ouvrage humain, semblable à Stonehenge ? Des questions passionnantes ! Il existe cependant une explication géologique sans appel : il y est question de sables d'Aix-la-Chapelle (craie supérieure), de l'apparition de grès à partir de sable quartzeux et de la dernière période glacière, qui prit fin il y a 10000 ans environ. Mais qui s'intéresse réellement à de telles explications dans un lieu aussi mystique ?

La croix de Kever


Après avoir passé les pierres du cyclope, on découvre la croix de Kever. Cette croix de pierre bleue rappelle le drame du 7 mai 1802 : "Le ... mai de l'année 1802, l'honorable citoyen Etmund Kever, de Raeren, fut lamentablement assassiné." Cet homme était charretier et fut attaqué dans la forêt.

Borne - tracé frontalier - fossé de défense

Quelques mètres plus loin se trouve la borne 955. On remarquera ici le tracé inhabituel de la frontière, dont le coude existe depuis toujours. Le chemin mène, au choix, à l'intérieur ou à l'extérieur du fossé, du côté belge ou du côté allemand.

Bâtiment des douanes belge - passage frontalier - bâtiment allemand


Un chemin étroit, immédiatement derrière les derniers hêtres en forme de harpes, mène sur la gauche directement à la rue Eupener Straße et au bâtiment des douanes belge. Après une courte marche entre les deux prairies, on continue sur le bitume en passant divers édifices qui furent utilisés par les services douaniers. Après quelques centaines de mètres, on atteint la route, que l'on traverse au niveau du bâtiment belge. De là, le chemin rejoint, sur un tapis de rue (prévu pour mai 2008), le bâtiment allemand. Peu après le passage de la frontière, à gauche dans le bosquet, les fortifications "ouest" sont visibles.

Fortifications "ouest"


Volonté de s'étendre à l'est. Ce système de défense, appelé "fortifications ouest" par la propagande nazie, était connu sous le nom de "ligne Siegfried" et servait avant tout de protection contre les offensives françaises. Les blocs de béton s'étendaient de Wesel, dans le nord, le long de la frontière, via Aix-la-Chapelle et l'Eifel, le long de la Sarre et de l'Hunsrück, puis du Rhin, jusqu'à Bâle. Ils constituent des éléments impressionnants du paysage, le long desquels plusieurs espèces végétales ont élu domicile. D'autres blocs se trouvent dans la forêt, à l'est et à l'ouest du passage frontalier, ainsi que dans la campagne. De l'autre côte de la route, ils font partie intégrante des jardins de la cité douanière allemande. Entre les blocs : des chaises longues, des fils à linge... En rejoignant le bâtiment allemand, on atteint le point d'arrivée du parcours de "Changement de Temps".